![]() |
Activating combat mode...Comme beaucoup, j'ai découvert la licence Armored Core sur Playstation dans les années 90, sur un CD de démo obscur, vendu avec un magasine spécialisé dans le jeu vidéo, probablement Joypad. Des décennies plus tard, je me souviens clairement de l'impression que ce court extrait m'avait laissé : aux commandes d'un robot surarmé, pouvant aussi bien courir que voltiger comme un cabri, le but du jeu était de tirer dans le tas et de tout faire péter. Cerise sur le bazooka, on pouvait personnaliser à l'envi notre mecha, et même lui affubler un logo personnalisé. Et à 12 piges, c'est pas des fleurs de lys qu'on dessine sur le bras métallique d'une machine à tuer !
Cela étant dit, et malgré les heures (oui, les heures !) passées sur cette simple démo, je n'avais jamais plus posé mes mains pleines de doigts sur un épisode de cette franchise, même si les boîtes des innombrables volets parus depuis 1997 attiraient immanquablement mon regard dans les rayons des magasins.
Il aura donc fallu que sorte ce SEIZIEME (et non pas sixième) épisode pour que ma curiosité et ma nostalgie prennent le pas et m'incitent à me plonger dans cet univers qui est pour moi assez nébuleux. Car si au pays du Soleil-Levant, les gros robots sont des objets culturels et presque cultuels, pour moi, ça se limite à quelques épisodes de Goldorak, aux jacquettes d'Evangelion, ou encore aux Gundam Wing diffusés sur M6 au début des années 2000. Donc autant dire que je suis très novice dans cet univers.
A l'heure où j'écris ces lignes, je n'ai pas totalement terminé "Fires of Rubicon", mais j'y ai passé plus d'une vingtaine d'heures, et j'ai atteint la première fin du jeu. Car le titre a été pensé pour être rejoué en NewGame+ et NewGame++ qui sont les seules alternatives permettant de débloquer l'enitèreté à la fois du scénario mais aussi des améliorations et objets d'équipement. Et pour préciser le début de ce paragraphe, je suis quasiment à la fin de mon second run, et j'estime pouvoir partager un avis assez éclairé pour le poster ici.
Dans la "peau" d'un mercenaire, nous voici sur la planète Rubicon 3, colonisée par la race humaine, qui s'accapare avec gloutonnerie le Corail, une source d'énergie. Sauf que sur Rubicon 3, on est pas chez mémé, et 50 ans plus tôt, un événement cataclysmique appelé "Les feux d'Ibis" a totalement dézingué non seulement la planète, mais aussi son système solaire. C'est donc dans ce contexte idyllique que les méga-corporations se sont dit "Bah allez ! Si on retournait sur Rubicon 3 ?". Après avoir épluché les appels d'offre, notre indic nous envoie donc travailler pour les grands humanistes et misanthropes qui tentent à coups de laser dans la face, de s'accaparer le contrôle de l'épice, pardon, je veux dire du Corail.
Plutôt orienté arcade, le titre se divise en missions courtes. Assaut, défense, inspection... dans des environnements aussi austères qu'hostiles. Entre cités futuristes en ruine ou abandonnées et gigantesques industries mécanisées, les décors vont rapidement manquer de singularité même si le level-design va s'avérer plutôt intéressant. Après tout, c'est FromSoftware qui a développé le jeu !
Notre mecha, ou plutôt notre Armored Core, est personnalisable, ce qui va largement influencer notre façon de jouer.
Chaque élément aura aussi un effet sur le poids total de notre bouzin, alors attention à ne pas se surcharger. Ce qui aura le plus d'impact sur notre manière d'aborder les situations, sera évidemment le choix des armes. Et il sera vaste ! Très très TRES vaste ! Armes à feu, armes de mêlée, armes expolisives, à énergie, à impulsion, bouclier... Les combinaisons sont absolument gigantesques, mais on ne va pas se mentir, une fois que vous aurez trouvé votre combo parfait, vous n'en changerez plus.
Et si le choix de la tête, du torse, des bras et du corps n'auront d'intérêt que pour votre blindage et le poids total, les jambes par contre, vont avoir un rôle tout particulier : on peut choisir un modèle bipède plutôt agile et rapide, un modèle quadrupède permettant de voler, ou bien un modèle tank avec des chenilles pour être un énorme bourrin.
Petit bonus si vous avez du temps à perdre, on peut personnaliser la couleur de chaque élément, et ajouter des décalcos gagnés après avoir réussi des missions. On s'en tape ? Oui oui.
Outre les missions du scénario, on pourra aussi afronter dans des arènes, des ennemis uniques et redoutables, permettant de gagner des puces d'amélioration : indispensables pour rendre votre Armored Core (AC pour les intimes) encore plus puissant.
Manette en main, c'est d'une simplicité et d'une efficacité redoutable : les 4 gachettes pour chacune des armes, le stick gauche pour accélérer (appui sur le stick pour le boost), le stick droit pour tourner. A droite, une touche pour effectuer une esquive, une pour sauter, une pour aller plus vite (courir quoi). Et à gauche, la flèche vers le haut pour utiliser un kit de réparation.
Et voilà, une fois qu'on maîtrise ces commandes, on se retrouve sur le champ de bataille, et on défouraille tout ce qui bouge. Si lors des premières missions on cherchera à trouver le build parfait et on tentera des choses plus ou moins sympa, et bien force est de constater qu'une fois le build parfait trouvé, on s'en contentera largement.
La faute à une difficulté mal dosée. En effet, à la fin du chapitre 1, un boss particulièrement retors se posera en véritable mur, stoppant net la progression. Et le seul moyen de s'en sortir sera de tester différents combos jusqu'à trouver celui qui fera la différence. Certes, apprendre le pattern du boss aidera fortement, mais croyez-moi : à quoi bon passer du temps à customiser votre AC si celui-ci vous permet de littéralement tout défoncer ?
Et à partir du chapitre 2, avec votre mecha invicible, le reste de la partie sera d'une simplicité déconcertante, hormis lors de certains passages qui forceront délibérément des builds axés sur la rapidité plutôt que la puissance pure et le blindage lourd.
De toute manière, la principale difficulté sera de gérer la caméra. Si la plupart du temps elle ne sera pas trop contraignante, c'est surtout pendant les combats contre les boss qu'elle deviendra une véritable plaie. Car oui, il ne sera pas possible de garder le verrouillage sur vos ennemis lorsque ceux-ci vous tourneront autour, et il faudra pivoter manuellement pour tenter de retrouver le gros moustique qui vous tourne autour ! Rageant contre les ennemis coriaces qui peuvent alors en profiter pour asséner leurs pires coups sans que l'on ait la possibilité de les esquiver, et faire perdre bêtement la partie.
Bon. En soit le jeu est plutôt sympa. L'impression de puissance est là surtout quand on fonce dans le tas et qu'on explose des éléments du décor. Et c'est hyper beau ! Vraiment, la direction artistique en impose, et techniquement c'est au poil. On est donc immergés dans ce monde en décrépitude, marque de fabrique du studio qui gère plutôt bien les mondes post-apocalyptiques.
Mais au delà de ça... On tourne rapidement en rond. A titre de comparaison, sur un Ace Combat qui est aussi axé arcade avec des missions qui débutent avec un briefing, et qui demande d'aller exploser des trucs à bord d'un avion de chasse, et bien on ne s'ennuie pas. Déjà parce que la mise en scène nous implique vachement dans l'histoire. Ici, honnêtement j'aurais juré avoir choisi une fin donnée (on a le choix entre deux fins dans le NG), mais en fait... j'ai choisi l'autre. Parce qu'en fait, toute l'histoire est condensée dans des briefings et des débriefings audio qui cassent totalement le rythme et l'immersion. Ah oui, on peut trouver du lore lorsqu'on déniche de vieilles carcasses d'Armored Cores détruits dans les missions. Mais même si j'en ai trouvé un certain nombre, je n'ai pas lu UN SEUL des textes qui pop' à l'écran. Pourquoi ? Mais parce que je ne me suis pas une seule seconde senti impliqué dans le scénario. En plus, aucune musique pour donner un brin d'élan héroïque lors des missions ou des duels, c'est un énorme vide !
Au delà de l'énorme défouloir, je ne trouve donc pas vraiment d'intérêt à cet opus. Si je me suis lancé dans le NG+ c'est bien parce qu'il est possible de rusher les missions comme un énorme salopard (un peu plus de deux heures pour faire TOUTES les missions du scénario + les nouvelles arènes). Pas certain d'avoir la motivation pour un NG++ par contre, tant pis pour la troisième et véritable fin.
Voilà, il est temps de conclure cette review déjà bien trop longue. Je ne suis pas mécontent d'avoir découvert véritablement la licence avec cet opus qui regorge de bonnes choses, mais qui manque d'un coup de graisse pour rendre l'histoire intéressante.
________________