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Les médias de masse et les jeux vidéos

News postée le 12-12-2013
Tags reliés à cette news : le figaro, jeux-video, gta, grand theft auto,
Dans la catégorie jeux-video

Double facepalmLes médias et les jeux vidéos.

Après France 2, adepte des "MEUPORG" et des reportages toujours très objecifs et très ouverts sur le monde vidéo-ludique, un blog du Figaro.fr fait à son tour montre d'une infinie sagesse quand il s'agit d'aborder un sujet qu'il ne comprend pas.

Il n'est nul besoin de présenter le Figaro. Mais au cas où, et pour donner la couleur, il s'agit d'un journal écrit par, et pour un public conservateur, ancré dans une idéologie complètement déphasée avec une société qui aspire à une réelle (r)évolution.

Le jeu vidéo quand à lui, est un média relativement nouveau, qui vient bousculer l'ordre établi et bien coiffé du monde culturel "classique" composé par la littérature (dont la BD !), la musique, le cinéma.

Quand ces deux mondes se rencontrent, et que l'un d'entre eux ne comprend absolument pas l'autre, cela donne lieu à des aberrations, à des recueils d'idées reçues et d'amalgames. Le problème, c'est que celui qui ne comprend pas l'autre, c'est celui qui touche le plus de monde, et qui contribue à véhiculer une image fausse et galvaudée, caricaturale et immature, d'un monde qui se situe à des lieues de sa compréhension.

Dernier exemple en date avec un "article" paru sur un blog du Figaro.fr que vous pouvez, si le coeur vous en dit, lire sur sante.lefigaro.fr

Sobrement intitulé "L'impact d'un jeu vidéo violent et immoral", ce post s'attèle à critiquer le jeu Grand Theft Auto V, dernière super-production des studios Rockstar, qui a fait exploser tous les records de vente à l'automne 2013.

Loin d'essayer de parler intrinsèquement du jeu en lui même, les auteurs de l'article, qui n'ont sûrement pas posé leurs mains sur un jeu vidéo depuis bien des années si tant est qu'ils l'aient déjà fait, préfèrent tout simplement s'acharner sur le côté violent du produit, comme si il ne se résumait qu'à cela. C'est un peu comme si l'on résumait la Bible en la faisant passer pour un livre sanglant, à jeter et à craindre comme la peste. Bon en fait, les massacres de la Saint Barthelemy, ou encore les passages de l'Ancien Testament où les assassinats sont légion démontrent effectivement qu'il s'agit d'un livre qui prône la violence.

Bref, pour le Figaro, GTA est un jeu violent. Je dois avouer que là, on ne peut pas dire le contraire, à moins de vouloir faire preuve de mauvaise foi. Dans la peau d'un criminel, pouvoir se livrer à toute une panoplie de délits divers et variés dans un monde ouvert et réaliste, fait de GTA un jeu violent. Sauf que le joueur n'est à aucun moment obligé de voler une voiture, d'écraser les piétons qu'il croisera, ou de tirer sur les forces de l'ordre. Si le joueur agit de la sorte, c'est qu'il l'a lui même voulu. Le média n'est qu'un vecteur permettant de s'adonner virtuellement à des pratiques répréhensibles dans la vie réelle. Même si terminer le scénario du jeu sans verser une goutte de sang (virtuel) est impossible, on peut très bien le faire en se "limitant" à une tuerie entre collègues repris de justice/mafieux. Cela n'enlève en aucune manière l'aspect violent de GTA, mais démontre qu'il ne le devient vraiment que si le joueur le souhaite.

Toujours pour le Figaro, "Seuls les jeunes ayant un solide sens moral échappent aux effets pervers du jeu GTA sur leur comportement". Voici encore une phrase qui frappe fort, mais qui est complètement fausse ! En réalité, la phrase devrait être réécrite de cette manière : seuls les joueurs [car à ma connaissance il n'y a pas que les jeunes qui jouent à GTA...NDLR] n'ayant aucun sens moral, ne peuveut pas échapper à l'influence d'un média donnant la possibilité d'exprimer sa violence, sur leur comportement. Si le Figaro avait raison, avec ses 16 millions de ventes en 5 jours seulement, (ou alors 29 millions en un mois) alors on aurait potentiellement 16 millions de personnes prêtes à passer à l'acte... Mais tous aux abris ! Et pour enfoncer le clou, l'article se fend d'un fait divers impliquant deux jeunes filles qui auraient agressé un homme de 67 ans, et qui auraient expliqué leur geste en prétextant avoir eu l'impression de jouer à GTA. Ce fait divers se serait déroulé en avril dernier, soit 7 mois avant la sortie de GTA 5. Mais qu'à cela ne tienne, c'est quand même la faute du jeu. Voilà un bel exemple de grand journalisme. Juger coupable un jeu vidéo pour un fait divers dont je n'ai trouvé aucune référence, et pour lequel aucune source n'est citée.

Quoi qu'il en soit, pour des dizaines de millions de joueurs sont bien vites décrits comme des criminels en puissance par un fait divers.

Là où l'on atteint le fond du gouffre, c'est quand l'article évoque ce père qui aurait acheté pour son fils de 10 ans, un exemplaire de Grand Theft Auto [sûrement le IV mais ce sublime exemple d'article ouvert ne précise rien...]. Et là alors, ça ne fait pas tilt dans la tête du "journaliste" ? Le problème ici n'est pas le jeu vidéo, mais le parent, qui délibérement permet à son enfant d'accéder à un média qui ne lui est pas destiné. C'est exactement comme si on laissait un enfant regarder un film violent, ou lire un roman destiné à un public averti.  Le gros problème vient donc de l'éducation, ou plutôt de la non-éducation subie par certains enfants, qui en manque de repères sont infiniment plus enclins à dériver.

Ce que les médias de masse n'ont pas compris c'est, qu'en dehors des cas minoritaires et exceptionnels, les jeux vidéo ne rendent pas violent et n'influencent pas négativement le comportement de la plupart des joueurs. Le joueur, lorsqu'il prend la manette en main, ou pose ses doigts sur son clavier, entre dans le peau d'un personnage virtuel auquel il s'identifie le temps d'une partie. Le temps de changer de monde. Le temps de mettre de côté son quotidien et de s'offrir une vie virtuelle parallèle lui apportant ce qu'il ne pourra jamais vivre dans la réalité : il n'est pas banal de prendre le commandement de la flotte terrienne et de mener la résistance contre une invasion extra-terrestre [Mass Effect], ni de voyager dans des Etats-Unis dévastés et de vivre une relation d'amitié incroyablement bien écrite et poignante avec une inconnue [The Last of Us]. Résumer ces expériences à de simples ôdes à l'hémoglobine serait passer complètement à côté de ce qui en fait des oeuvres bien plus abouties que la plupart des choses que l'on peut voir sur un média plus mainstream : la télévision.

Enfin, comment peut-on encore accuser le jeu vidéo de rendre violent, alors qu'on essaie de nous imposer un quotidien déjà ultra-violent en lui même ? Les guerres qui déchirent le monde n'ont pas été induites par des joueurs. Regardez le journal télévisé de TF1, ou les émissions de brûlage de cerveau diffusées sur W9 ou Direct 8 (Enquête d'action et autres...) et vous aurez déjà l'impression de pouvoir vous faire voler/tuer au coin de la rue, tous les jours de la semaine. Ajoutez à cela la surpopulation dans les grandes villes qui énèrve les conducteurs, les vies toujours plus pressées que l'on nous impose (ou que L'ON s'impose), et vous comprendrez que nos quotidiens sont déjà violents. Les politiques, aidés par ces mêmes médias qui décrédibilisent les échappatoires à la violence, attisent les haines et incitent à la méfiance. Mais il est tellement plus facile d'accuser sans preuves un coupable dont les seuls pladoyers pour sa défense seront publiés là où uniquement ses adeptes convaincus viendront les trouver.

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Par Benben


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